Ruée vers l’or en Californie  : conquête de l’Ouest et rêve américain

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ruée vers l'or en Californie

Objet de tous les fantasmes des aventuriers du 19e siècle puis des cinéastes américains qui ne se lassaient pas de l’utiliser comme toile de fond pour leurs westerns, la Gold Rush en Californie fut l’un des événements fondateurs des États-Unis. Retour sur cette période qui a fait renaître l’American Dream.

Les débuts de la ruée vers l’or aux Etats-Unis

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, la ruée vers l’or aux États-Unis ne commence pas tout à fait en Californie : c’est en 1799 dans l’état de Caroline du Nord, sur la côte Est, que se produisit le premier « Gold Rush », après la découverte d’une pépite d’or d’environ 8 kg par un jeune garçon sur la propriété de ses parents fermiers.

Puis c’est l’état de Géorgie, dans le Sud-Est du pays, qui a vu débarquer par milliers des hommes animés par l’espoir de trouver de l’or et de faire fortune, le précieux métal ayant été découvert en grande quantité dans les North Georgia Mountains en 1829. Ce fut le premier grand mouvement de recherche d’or, qui a duré plus de quinze ans et mené à la déportation d’un grand nombre de Cherokees qui peuplaient alors la région.

Mais si, dans l’inconscient collectif, le terme de « ruée vers l’or » est très souvent associé à la Californie et plus globalement à la conquête de l’Ouest, c’est bien parce que le « California Gold Rush » fut, de loin, la ruée vers l’or la plus marquante des États-Unis et la première d’envergure mondiale. Cette période, qui a duré environ huit ans, a non seulement largement contribué au développement de l’Ouest américain mais a aussi forgé l’histoire des États-Unis et a donné un nouveau sens au concept sur lequel a été bâtie la nation : le sacro-saint Rêve Américain.

Conquête de l’Ouest et ruée vers l’or

Le contexte de la ruée vers l’or en Californie

La ruée vers l’or en Californie se place dans un contexte historique bien précis : la conquête de l’Ouest bat son plein alors que le gouvernement américain et de nombreux Européens entendent bien coloniser le gigantesque territoire, à peine défriché, qui s’étend entre la rivière Mississippi et l’océan Pacifique, alors essentiellement occupé par des tribus amérindiennes. Des milliers de pionniers traversent les immenses plaines de l’Amérique, désireux de s’approprier les ressources et richesses du territoire.

Au début du 19e siècle, la Californie n’est pas encore un état : jusqu’en 1791, seules les treize anciennes colonies américaines, situées sur la côte Est, bénéficient de ce statut depuis que les États-Unis ont obtenu leur indépendance. Année après année, alors que le territoire américain est peu à peu exploré, les autres états sont créés et absorbés par le gouvernement américain – il faut attendre 1850 pour que ce soit le cas de la Californie, qui devient le 31e état américain.

Découverte de pépites d’or à Coloma

Le 22 janvier 1848, de l’or pur est découvert sur les rives de l’American River à Coloma, au nord de la capitale californienne Sacramento, par un certain James Marshall, charpentier travaillant pour le compte du Suisse John Sutter. La valeur incomparable de ce métal est alors déjà bien connue, et Sutter s’inquiète des conséquences de cette découverte sur les terres où il a bâti son exploitation agricole.

Ruee vers l'or en Californie : american river
La lieu où fut découvert l’or en 1848

Mais la nouvelle ne reste pas secrète bien longtemps et, déjà, les chercheurs d’or débarquent de tous les États-Unis, puis à partir de 1849, d’Europe, de Chine, d’Amérique du Sud et même d’Australie afin d’avoir leur part du butin. On appelle ces derniers les forty-niners. Tandis que les pionniers américains traversent le territoire par la voie terrestre, les forty-niners arrivent en masse par bateau via le Cap Horn, en Amérique du Sud.

Quel que soit le mode de transport, c’est un voyage long, difficile et parfois fatal qui attend les aventuriers à la recherche d’or. Une fois sur place, il suffit aux prospecteurs de borner un terrain par des piquets afin de signaler qu’il leur appartient, puis de l’exploiter. L’appât du gain étant toujours le plus fort, les règlements de compte sont monnaie courante et la violence fait partie du quotidien.

Croissance démographique et prospérité économique

Une fois extrait, l’or est d’abord échangé contre de la nourriture et les objets de première nécessité. Mais la majeure partie de la marchandise quitte la Californie par bateau et est vendue ou échangée dans le monde entier.

Grâce à ce business on ne peut plus lucratif, la croissance démographique de la Californie explose littéralement : avant 1848, on comptait environ 2 000 résidents (hors tribus amérindiennes) ; cinq ans plus tard, la population de la Californie s’élève à 300 000. Il s’agit de la plus importante immigration de masse dans l’histoire des États-Unis.

L’état devient prospère et voit son nombre de boutiques, de restaurants, de ranches et de businesses décupler. Les villes poussent comme des champignons, en particulier San Francisco. Auparavant minuscule implantation de pionniers, ses rues débordent désormais d’habitants et son port de bateaux. L’agriculture se développe, tout comme les lignes de chemin de fer. C’est ainsi que commence le rêve californien. Aujourd’hui encore, l’image qui colle à la Californie est celle d’un endroit où tout est possible, un eldorado où l’on peut faire fortune.

Un phénomène qui s’essouffle

Les terrains qui contiennent de l’or deviennent de plus en plus difficilement accessibles et, dès 1850, ce sont surtout des grosses entreprises qui les exploitent. Les Américains essaient de chasser les étrangers pour garder la mainmise sur le peu d’or encore exploitable et, devenu un état, la Californie passe une législation forçant les mineurs étrangers à s’acquitter d’une taxe mensuelle. Lorsque le phénomène de la ruée vers l’or s’essouffle, certaines cités minières sont complètement désertées et deviennent des villes fantômes.

Ruée vers l'or en Californie et ville fantome

La ruée vers l’or en Californie n’a pas eu que des conséquences positives. Le traitement des populations amérindiennes fut par exemple désastreux. Massacres, maladies, déplacements de population qui privèrent les tribus autochtones de leurs zones habituelles de chasse et pêche et menèrent donc à des famines… Les pionniers, atteints de la fièvre de l’or, étaient davantage intéressés par le profit que par leurs congénères, et leurs comportements ont entraîné un déclin dramatique des populations amérindiennes.

Quels lieux visiter pour revivre la ruée vers l’or ?

Il reste bien quelques traces de cette période faste qui a profondément transformé les États-Unis, dans la région que l’on surnomme Gold Country. Vous pouvez tout à fait effectuer un circuit et visiter les centres d’intérêt suivants :

  • Marshall Gold Discovery State Historic Park, à Coloma. C’est ici, sur les rives de l’American River, que l’on découvrit de l’or pur en 1848. À l’instar des forty-niners, les visiteurs peuvent eux aussi chercher de l’or dans la rivière, bien que les chances d’en trouver aujourd’hui soient, autant vous le dire, nulles !
  • Empire Mine State Historic Park, à 40 miles au nord de Coloma. Cette mine, qui a ouvert en 1850, est l’une des plus vastes et des plus anciennes des États-Unis. On peut participer à une visite guidée. Sur place se trouve également un Visitor Center, qui revient sur l’histoire de la ruée vers l’or.
  • Placerville, l’une des villes minières les plus importantes de la région et peut-être l’endroit qui regroupe aujourd’hui le plus grand nombre de musées et sites liés à la ruée vers l’or. On peut y visiter Gold Bug Mine, une ancienne mine, et le Hattie Museum and Interpretive Center qui offre des expositions sur la ruée vers l’or. El Dorado County Historical Society est à l’origine de deux musées également dédiés au Gold Rush : le Fountain and Tallman Museum et le El Dorado County Historical Society Museum.
  • Emprunter la Highway 49 depuis Coloma pour atteindre Placerville et traverser une portion de la route historiquement empruntée par les pionniers et les forty-niners.
  • California Mining and Mineral Museum, à Mariposa. Le musée revient sur les événements de 1848 et, plus globalement, sur l’extraction minière en Californie.
  • Sonora, Jamestown et Columbia sont trois villes qui ont prospéré pendant la ruée vers l’or et qui sont situées à moins de 10 miles les unes des autres. Columbia a été particulièrement bien préservée : le Columbia State Historic Park, un musée à ciel ouvert, comprend près de 30 bâtiments datant de la ruée vers l’or.
  • Malakoff Diggins State Historic Park, non loin de Nevada City et à 60 miles au nord de Coloma, protège la plus grande mine hydraulique des États-Unis, qui fut mise en place en 1953.
  • Pour clore votre circuit sur la thématique de la ruée vers l’or en Californie, sachez que la liste des « ghost towns » est longue comme le bras ! Un peu d’imagination et vous vous retrouverez plongé dans cette période qui nourrit les fantasmes des aventuriers depuis plus d’un siècle et demi.
ruee vers l'or en Californie : Placerville
La ville minière de Placerville

Liens utiles

A découvrir : la section consacrée au tourisme dans le Gold Country sur Visit California.